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Vaperz Cloud : histoire d'une marque de reconstructibles

Par Isabelle Nogueira · · 6 min de lecture

Vaperz Cloud : histoire d'une marque de reconstructibles

Dans un marché où presque toutes les marques ont migré vers la cartouche jetable et le pod sans réglage, quelques maisons ont fait exactement l’inverse. Elles ont approfondi le matériel démontable, réparable, que l’utilisateur monte lui-même. Vaperz Cloud appartient à cette minorité, et son catalogue raconte une trajectoire à contre-courant, lisible produit par produit sur six ans.

Vaperz Cloud, une marque spécialisée dans le matériel reconstructible

Vaperz Cloud est une marque de matériel de vape qui conçoit des mods, des atomiseurs reconstructibles et des accessoires destinés aux vapoteurs expérimentés. Elle affiche sur son propre site un positionnement explicite : fournir du matériel de qualité pour les amateurs de gros volumes de vapeur, à un prix abordable.

Sa date de création n’est pas documentée publiquement de manière fiable, et nous ne l’inventerons pas. Un point est en revanche vérifiable : son entité européenne, Vaperz Cloud International Ltd, est immatriculée au registre britannique des sociétés sous le numéro 10401078 depuis le 29 septembre 2016, avec une adresse à Birmingham.

Une gamme qui se lit par familles, pas par générations

L’organisation du catalogue officiel dit tout de la philosophie de la marque. Les produits ne sont pas classés par année ou par gamme commerciale, mais par type de pièce : appareils boro, box mods, mods tube, réservoirs sub-ohm, réservoirs boro, RDA, RTA, puis les pièces détachées.

Cette structure suppose un acheteur qui sait déjà ce qu’il cherche. On ne vend pas un kit tout-en-un, on vend un élément d’un système que l’utilisateur assemble. La marque distribue aussi d’autres noms sur son site, dont Suicide Mods et Deathwish Modz, et précise que l’expédition est assurée par Cloud Neun Vape.

2019 à 2022, la construction du catalogue autour des atomiseurs

Les dates de sortie relevées dans la base produits de Vaping360 dessinent une progression nette, et elle commence par les atomiseurs plutôt que par les appareils.

L’Asgard, le RDA fondateur

L’Asgard RDA sort en juin 2019. C’est un dripper de 30 millimètres à arrivée d’air par le haut, au plateau semi-postless, avec un puits à liquide de 10 millimètres, quatre passages de fil de 2,5 sur 3,0 millimètres et un pin squonk démontable. Chacune de ces caractéristiques vise le même objectif : accueillir de gros montages sans les contraindre.

L’Asgard Mini suit en mai 2020, puis le Temple V2 en 25 millimètres en décembre 2020. La marque décline, elle ne remplace pas : les formats coexistent.

Le Valkyrie, l’entrée dans le RTA

Le Valkyrie RTA arrive en décembre 2021, décliné en version Mini en mars 2022. Il combine un corps de 30 millimètres avec une base de 28 millimètres fournie, une contenance de 2 millilitres, un remplissage par le haut au quart de tour et un plateau postless à quatre bornes.

Le passage du RDA au RTA marque un élargissement d’audience. Le dripper impose de réalimenter en liquide toutes les quelques bouffées, le RTA ajoute une réserve et rend le montage utilisable sur une journée entière.

Les Hammer of God, la vitrine technique de la marque

La série de box la plus identifiable du catalogue porte un nom emprunté au marteau de la mythologie nordique, dans la continuité des Asgard et Valkyrie. Elle joue un rôle particulier : celui de démonstrateur.

Le Hammer of God 400, sorti en octobre 2023, fonctionne sur quatre accus 18650, délivre de 5 à 400 watts et propose les modes puissance variable, bypass et contrôle de température via un chipset maison. Le Hammer of God 200, relancé en novembre 2025, retient un format à deux accus 18650, 200 watts et un écran couleur de 0,96 pouce.

Ces chiffres ne décrivent pas un usage quotidien, et il serait trompeur de les présenter ainsi. Ils décrivent une capacité maximale, sur des appareils pensés pour des montages de très faible résistance que la plupart des vapoteurs n’utiliseront jamais.

2024 et 2025, le virage boro

Le tournant récent du catalogue est le format boro, dont la marque a fait un axe entier. Le principe consiste à loger un réservoir amovible normalisé dans un châssis, avec une carte électronique séparée, ce qui rend chaque partie remplaçable indépendamment.

La séquence est dense : le kit AIO DNA80C en collaboration avec Gerobak San en juin 2024, l’Ascent en septembre 2024, le Pixel AIO Boro en décembre 2024, puis le Parsons SBS DNA80C en avril 2025. Le Shift Subtank de février 2025 et l’Asgard V2 RDA de janvier 2025 complètent la mise à jour des atomiseurs.

Le recours à des cartes DNA de fournisseur externe, plutôt qu’à un chipset maison, mérite d’être noté. C’est le choix habituel des marques qui visent la précision de régulation et la personnalisation logicielle plutôt que la puissance brute.

Ce que ce catalogue implique avant d’acheter

Ce matériel suppose des compétences précises, et le dire clairement fait partie de l’information. Monter une résistance à la main impose de vérifier sa valeur en ohms avant utilisation, de connaître les limites de décharge de ses accus et de contrôler l’absence de court-circuit.

En contrepartie, la logique de pièces détachées prolonge considérablement la durée de vie du matériel. Un joint, un pin ou une vitre se remplacent, là où une cartouche intégrée se jette, comme le détaille notre article sur les familles d’atomiseurs.

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FAQ

Qu’est-ce qu’un format boro exactement ?

C’est une architecture d’appareil dans laquelle un réservoir amovible standardisé se loge dans un châssis, la carte électronique et l’accu occupant les compartiments voisins. L’intérêt est la modularité : on change le réservoir sans changer l’appareil, et inversement.

Un mod à quatre accus est-il utilisable au quotidien ?

Rarement. Le poids, l’encombrement et le coût des accus le réservent à des usages spécifiques, notamment les montages de très faible résistance. Pour un usage courant, un seul accu couvre largement les besoins.

Que signifie un plateau postless ?

Le fil résistif s’insère directement dans des trous ménagés dans le plateau, sans poteaux verticaux. Cela dégage de la place pour des montages volumineux et simplifie le passage des pattes, mais impose de couper le fil à la bonne longueur avant l’insertion.

Le squonk, c’est quoi ?

Il s’agit d’un système où une flasque souple placée dans le mod pousse le liquide jusqu’au plateau du dripper par un pin creux. On garde l’atomiseur sans réservoir tout en évitant de réalimenter à la pipette.

Le matériel reconstructible est-il compatible avec la limite de 2 ml ?

Oui, les réservoirs vendus en Europe respectent le plafond de 2 ml fixé par l’article 20 de la directive 2014/40/UE. Les versions internationales d’un même atomiseur affichent souvent une contenance supérieure, ce qui explique les écarts entre les fiches selon les pays.

Ce que la gamme Vaperz Cloud dit du marché actuel

Suivre le catalogue Vaperz Cloud de l’Asgard RDA de 2019 aux appareils boro de 2025 montre une marque qui a choisi la profondeur plutôt que le volume : peu de références, déclinées longtemps, entièrement démontables. C’est l’exact opposé du mouvement dominant vers la cartouche scellée, et ces deux logiques coexistent aujourd’hui sans se rencontrer. Comprendre à laquelle appartient un appareil avant de l’acheter évite bien des déconvenues sur la durée.

Contenu éditorial destiné à un public adulte. La vape est réservée aux personnes majeures. Les liquides nicotinés contiennent de la nicotine, substance qui crée une dépendance.